Mes cours de Gym Suédoise

Publié le 30 Septembre 2013

Début Septembre, en papotant avec une collègue, j'ai découvert qu'elle pratiquait la Gym Suédoise (c'est fou comme on apprend sur le gens en discutant avec eux hein). Cé koi la gym suédoiiiiise ?

Pour faire bref : tu connais Véronique et Davina ? Ben voilà. La gym suédoise, ça ressemble à ça.

Une nouvelle salle ayant ouvert près de chez moi et offrant 2 mois de cours gratuits tous les mardis, je me suis dis : pourquoi pas ?

Oui, tout à fait, l'anti-sport à la brioche moelleuse que je suis avait décidé de se lancer dans des cours -intensifs- d'aérobic.

"Tenue correcte dans laquelle vous êtes à l'aise, chaussures type "baskets" qui vous tiennent bien le pied" qu'ils disaient. Moi avoir tout bien suivi les recommandations, pas de problème, je suis prête. Oui, mais... Vais-je oser faire ce sport devant quelques personnes (eum, une quarantaine qu'il s'est avéré) avec mes gros bras, mon bide mou, mes cuisses épaisses et puis mes muscles pas habitués à ces efforts qui vont me lâcher au bout de 10 minutes ?

"Oh tu sais, dit ma mère, y a pas que des maigres et sportives de tous les jours qui vont à ce genre de cours !". Ok, cool ça me booste un peu pour me lancer. Et puis de toute façon ma keupine Caro sera là, je me sentirai moins seule et surtout je ne vais pas la lâcher maintenant, ça se fait pas. Si ça se fait ?

Arrivée au gymnase, tout le monde dépose ses affaires, certaines sont venues entre copines comme nous, d'autres seules, il y a même trois hommes, amazing. On reste tous collés aux bancs du gymnase, ne sachant que faire, comment se placer, n'osant pas bouger tant que la prod n'a pas donné les consignes. De vrais petits moutons, bien dociles qui attendent leur chef.

A part 2 nanas, personne ne connait trop le concept, personne n'a jamais pratiqué. Cool, je vais pas être la seule à passer pour une pseudo-sportive. Il y en a en t-shirt qui me donnent déjà chaud, d'autres en jogging. Caro et moi, on a sorti le legging et le débardeur, pas folle les guêpes, on sait qu'on va crever suer comme des coches.

Le cours commence, la prof nous explique deux-trois petites choses, nous donne quelques conseils. Elle a le sourire, elle est jolie et son corps est super bien sculpté, elle doit faire ça tous les jours, dix fois par jours, obligé. Nous sommes tous en rond autour d'elle, assez espacés pour ne pas se coller des baffes à chaque bras tendu/jambe fléchie.

Trois phases : l'étirement de départ pour ne pas se blesser, la muscu et le cardio, puis l'étirement de la fin pour éviter les courbatures.

"Allez hop ! Hop ! Hop ! On écaaarte les jambes, les bras suuuur le côté, devant, en haut, et on saute ! Hop !"

Mon regard se pose sur le panneau indiquant l'heure, oh putain... Ca fait que 15 minutes que je bouge mon boule et j'en peux déjà plus... Je transpire, que dis-je, je dégouline. Je suis rouge-tomate-bien-mûre. Ma respiration a du mal à se caler sur mes mouvements. J'ai mal au crâne, tant que je crois faire un malaise dans les minutes qui vont arriver. Personne ne s'arrête pour aller boire un coup ou ralentir le mouvement, tout le monde suit le rythme de la prof, mais comment font-ils ? Je regarde Caro, ses yeux remplis de compassion croise les miens, autant j'ai du mal sur la vitesse des mouvements (va traîner des 10 kg de graisses dans chacun de tes bras de bas en haut toi) autant Caro, la coordination c'est vraiment pas son truc ! Je faillis m'étouffer en me retenant d'éclater de rire.

Non, ne la regarde plus, il faut te re-concentrer, matte donc la prof ! Punaise mais quels sont donc ces mouvements irréalisables bordel de merde ? Elle veut nous inciter à NE PAS revenir au prochain cours ou quoi ? Je croise son regard, je lui souris en signe de "steuplè, réduit le temps du cours ou achève moi...", elle me répond par un sourire de compassion et d'encouragement, j'ai compris que je dois m'accrocher et qu'elle ne daignera pas m'achever, pauvre bête agonisante que je suis...

Comment vais-je tenir, mes muscles me font mal, ouille ça tire, aïe ma tête, mon cerveau va exploser, j'ai du mal à respirer, je cale mon souffle sur le rythme de la musique, ça aide. Il me faut quelque chose à laquelle m'accrocher mentalement pour tenir la dernière 1/2 heure. Je regarde autour de moi : oh my god je ne suis pas la seule grosse du cours ! Elle est rouge et elle dégouline de sueur elle aussi, elle a d'ailleurs plus d'embonpoint que moins mais elle tient le coup, elle a la niaque ça se voit ! Accroche-toi moi-même ! Tu n'es pas une poule mouillée ! Si la grosse le fait, tu peux le faire aussi ! Ffff fff ! Ffff ffff !

"Allez on ralenti, on fait du surplace mais on s'arrête pas ! Piétinez ! Piétinez ! Voilàààà, on va s'étirer maintenant pour bien détendre les muscles... Vous avez vu ça travaille tout hein ?" Oui, on a vu. On s'étire, je sens la chaleur qui s'émane de mon corps, je pourrais réchauffer mon salon à moi toute seule (et y laisser une odeur putride, aussi).

La vache. Est ce que j'ai envie de revenir à ce cours ? C'est dur quand même . Mais c'est vrai que c'est super bon pour le cardio, nous qui avons des soucis à ce niveau dans la famille... Et puis c'est gratuit pendant deux mois, c'est pas négligeable non plus, ça motive plus d'être en groupe quand même.

"Vous vous allongez, positionnez-vous comme vous le souhaitez, on respiiiire et on relâche tout".

Déconnectée, ça fait du bien de se détendre sur de la musique zen, j'ai un trop plein d'endorphines, des larmes coulent sur mes joues, mes nerfs lâchent. Je me concentre sur la musique, qu'est ce qu'elle est apaisante...

Je suis soudain projetée dans une sorte de rêve, je marche sur des nuages (mon cerveau doit se croire au Paradis tellement je suis K.O), le décor est doré, orangé, parme, il y a comme de la poussière colorée qui vole dans l'air. Une femme hindou m'accueille avec un sourire et me tendant ses bras comme pour m'inviter à la rejoindre dans ce nouveau monde. Je rentre, mais je n'arrive pas à parvenir jusqu'à elle, quelque chose cloche, quelque chose me manque. Je panique, je pleure, elle garde son sourire en me faisant signe de me retourner comme pour m'interroger si c'est cela qui manque à mon instant de bonheur : je regarde derrière moi et Minus court vers moi, souriant et heureux et sautant dans mes bras comme chaque soir où je le récupère après le boulot... C'etait CA, ou plutôt LUI qui me manquait pour me sentir bien, heureuse. Je le serre fort dans mes bras, je le pose sur ma hanche et le porte ainsi, sans jamais le lâcher. Nous avançons vers la femme hindou qui nous tend toujours les bras...

La musique se termine, la prof nous sort de notre endormissement avec sa voix douce, elle nous remercie chaleureusement et nous dit à la semaine prochaine.

Le mardi suivant j'y suis retournée, celui d'après aussi, seule cette fois car Caro n'était pas dispo, je lui ai envoyé un message lui indiquant que putain ça tirait encore bien sur la couenne mais que mes muscles commençaient à s'habituer, que je ne forçais plus sur des mouvements que je n'arrivais pas à suivre, que je sortais du cours boire un coup si j'voulais d'abord, et que ça fait du bien de faire un peu de sport mais c'est quand même plus sympa quand ta copine t'accompagne. Elle m'a répondu avec message de surprise "ah bon t'y es allée finalement ?" et d'encouragement "Bravo keupine ! T'as eu du courage je suis fière de toi !". Yes, ça fait plaisir ! Elle sait ce que j'ai enduré au moins !

A chaque fin de cours, à chaque relaxation, je pars dans le même délire, les nuages, la femme hindou (la marmotte qui met le chocolat dans le papier alu), désormais Minus est avec moi dès le départ, comme chui pô triste.

Allô docteur, les cours de Gym Suédoise ça ne me pose pas comme un problème ?

Mes cours de Gym Suédoise

Rédigé par Kikekoidonc

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