Le moral, c'est comme la pluie

Publié le 11 Octobre 2012

* Billet du 8 octobre *

 

Le moral, c'est comme la pluie. C'est chiant. Ca fait des yoyos, un coup ça va, un coup pas trop.


Minus me fait de la fièvre depuis hier matin, 40 degrés non-stop, le Doliprane ne faisant pas vraiment effet, ou si peu.

 

Il est si flagada, ses petits yeux brillent tellement de fatigue et de chaleur, mon petit croissant tout chaud est plutôt bouillant, et ça m'embête vraiment.

 

Je suis une maman inquiète, je n'aime pas le voir dans cet état, surtout ne sachant pas ce qu'il a. Ca me déprime de me sentir inutile... un câlin, un verre d'eau, une dose de médicament, une présence... et puis quoi ? Comment puis-je me rendre utile réellement ? Je ne sais même pas ce qu'il a.

 

Je ne suis pas allée au boulot ce matin, l'école ne prend pas un enfant fièvreux, la Nounou n'a plus l'agrément pour garder Minus, personne n'était disponible pour me le garder, et puis merde j'ai le droit à des journées enfant malade quoi.

 

Son Papy a pu se libérer cet aprem pour prendre le relais, car même si j'aurais préféré l'accompagner moi-même chez le Doc, financièrement je ne peux pas me permettre de louper trop d'heures de travail... C'est la lose, ça craint du boudin, je déteste laisser mon petit lorsqu'il est mal quand bien même je sais qu'il est entre de bonnes mains. Mais pas le choix, surtout quand les grand-parents sont dispo pour me rendre service, l'opportunité est à saisir...

 

Ce qui est le plus difficile selon mon point de vue, lorsque tu élèves seule un enfant, ce n'est pas la difficulté de l'éduquer, ni le temps pour toi que tu n'as plus vraiment comme avant, ni se lever la nuit pour un verre d'eau demandé, un câlin souhaité ou une tétine perdue.

 

Ce qui est le plus compliqué, c'est l'organisation pour que quelqu'un puisse s'occuper de lui lorsqu'il est malade et que tu manques de solutions lorsque l'école n'en "veut pas" (l'école n'est pas un moyen de garde, nous sommes d'accord), que la Nounou n'a plus de dispo, qu'il est fort improbable que tu en trouves une pour le matin même (sauf ex-connaissances peut-être, ce qui n'est pas mon cas) alors que toi tu dois aller bouger ton cul à ramasser quelques billets, pendant que lui, pauvre doudou, est malade.

 

Certes, cette situation n'arrive pas tous les jours, ni fort heureusement toutes les semaines. Mais lorsque cela arrive, tu es quand même bien dans la merde.

 

J'ai des parents en or qui me proposent et se dévouent totalement lorsqu'il est possible pour eux de garder et prendre soin de mon fils.

Mais j'avoue que parfois, j'aimerais tellement pouvoir m'en sortir seule.

J'ai mis beaucoup de temps à accepter toute l'aide qu'ils voulaient me donner et m'ont donné, car c'était pour moi comme un échec si je n'y arrivais pas seule.

Mais voilà, j'ai baissé ma garde, je me suis rendue à l'évidence que non seulement parfois je ne pouvais pas faire autrement que d'accepter leur offre, leur aide, et qu'en sus de me rendre service cela leur faisait énormément plaisir, profiter de leur petit fils, avoir des moments rien qu'à eux, sans ma présence, et avoir le plaisir de me faire plaisir aussi (je cite).

 

Je me dis que pendant tout ce temps où j'ai voulu en faire trop, où je pensais que puisque j'étais une femme indépendante, que ce bébé je l'avais tant désiré malgré que son géniteur se soit fait la malle, je pouvais tout gérer à moi toute seule, finger in the noz. Et bah non ma cocotte, ce n'est pas comme cela que ça marche. Si tu as un emploi (et pas à ton domicile), il te faut bien "caser" ton fils quelque part, si ce n'est pas à l'école, c'est chez une nounou, une copine, une grand-mère... et si aucune de ces personnes ne sont dispo ? Et bien tu prends des jours enfant malade. SAUF QUE, étant donné que tu n'en as droit qu'à 5 par an (autrement dit tu imposes à ton enfant de n'être malade qu'uniquement 5 fois par an, sinon il peut bien crever que ton employeur il s'en fout) (ah si pardon, à ta fin de droit de jours enfant malade, tu peux prendre ce temps en congés payés pour t'occuper de ton enfant malade, congés dont tu aimerais plutôt profiter avec ton enfant quand il se porte bien, mais ça, c'est un détail), tu es vite dans la mierda.

 

Tout ça pour dire que, j'y pense fortement depuis le début d'année - je suis même allée à une réunion d'information et il ne me reste plus qu'à compléter et envoyer le dossier -, je suis fortement intéressée et motivée pour changer de métier (actuellement je suis hôtesse d'accueil, j'ai niveau BTS et je n'ai presque pas de tâches dans mon entreprise) (et je n'ai pas (pour le moment, ne jamais dire jamais) envie d'obtenir un poste à responsabilité, quand bien même je ne sais si je pourrai en avoir l'opportunité un jour de toute façon?).

 

Je veux devenir Assistante Maternelle Agréée.

 

Les métiers bureautiques, j'aime bien, mais cela ne me passionne pas plus que ça, et franchement rien que de penser à passer ma vie dans un fauteuil de bureau, j'en ai déjà mal au dos.

 

Quand je réfléchis bien, je me dis que peut-être, je me suis plantée dans ma vocation. J'ai pris cette branche au hasard, Maman était dedans, alors j'ai suivi puisque de toute façon je ne savais pas quoi faire d'autre, rien ne me plaisait plus que cela (qu'est ce qu'on peut être blazé de tout quand on est ado ! C'est incroyable).

Je me dis que c'est la branche de la petite enfance qui me plait, peut-être que ça ne me tentait pas plus que cela avant, peut-être que je me dis ça maintenant parce que J'AI un enfant, que je vois ce que ces petits bouts peuvent nous apporter, à nous les adultes, à moi la maman.

 

Maintenant que j'ai déménagé dans appart bien plus grand, pouvant accueillir correctement plusieurs enfants, je me dis que je peux peut-être enfin me lancer. Mais il y a toujours ce problème à mes yeux, cet obstacle qui me fait douter : arriverai-je à tenir le coup tous les mois avec les salaires que j'aurai ? Car l'inconvénient lorsque tu es ass' mat', c'est que tu n'es pas sûre d'avoir toujours le nombre souhaité d'enfants à garder, tu n'es pas sûre d'avoir des temps plein, donc des salaires plein, tu n'es pas sûre de tomber sur des parents qui ont le respect et l'intelligence de te payer comme il est convenu sur le contrat et en temps donné, etc. Ai-je le droit de lâcher mon Cdi actuel pour cette nouvelle aventure sans savoir si je m'en sortirai en étant seule, avec un maigre salaire et ce dernier incertain ?

 

J'en ai envie, je suis motivée, mais est ce que l'envie et la motivation doivent primer sur la raison ? Sur l'incertitude de me retrouver dans la merde si "mon affaire" ne marche pas ?

 

Je souhaite tellement pouvoir m'occuper d'enfants, les voir grandir et s'amuser même s'ils ne sont pas les miens, les enfants c'est la vie quand même, même si cela ne doit pas être tous les jours facile... J'aimerai tellement aussi profiter de cette opportunité pour avoir le plaisir d'accompagner mon fils à l'école moi-même, le récupérer le midi, l'avoir près de moi le mercredi. Non pas que je sois péssimiste mais on ne sait pas de quoi la vie est faite, aurai-je d'autres enfants ? Si ce n'est pas le cas, ne dois-je pas me donner les moyens pour pouvoir grâce à ce métier profiter de mon seul et unique Minus tant qu'il en est encore temps ? J'ai encore des années devant moi, me diras-tu, mais le temps passe si vite...

 

Je me dis aussi que le salaire que j'ai actuellement correspont à celui que ma nounou reçois en ayant 2 enfants à temps complet. C'est du boulot, c'est certain, mais à peser le pour et le contre, passer des heures derrière mon bureau à ne rien presque rien faire, faire de grosses journées en m'ennuyuant alors que je pourrai faire le métier que j'aimerai, avec des bouilles à bisous (je ne dis pas qu'ils n'y a pas de petits démons...), ne pas voir passer ma journée, voir plus mon fils qu'actuellement, après tout, n'est-ce pas cela la vraie vie ?

 


Rédigé par Kikekoidonc

Publié dans #Racontage de vie de moi-même

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