Ce moment délicat où l'on te croit enceinte

Publié le 3 Octobre 2012

Ce moment délicat où une collègue passe te dire Bonsoir et te lâche avec un gros sourire totalement innocent en regardant ton ventre "Alors, c'est pour quand le petit deuxième ?", moi de lui répondre que non, bien que mon ventre a plus la forme d'une bouée, je ne suis pas enceinte, elle d'insister (le chameau) en ajoutant "ah ah ! tu rigoles n'est-ce-pas?! Allez c'est pour quand ?".


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Non. NON, Madame, je ne rigole pas. Je ne trouve d'ailleurs ça nullement risible.

 

Contre toute attente, mon ressenti n'a pas été ce que je pensais être dans ce type de situation, à savoir de la colère, de l'agressivité, du rentre-dedans.

Je me suis plutôt sentie chauffer des joues, rougir comme une tomate, honteuse de moi, de mon corps, de mon ventre, mes fesses et mes cuisses. Et lorsqu'elle s'est excusée, il s'en est fallu de peu pour que je lui dise "non ce n'est pas de ta faute, c'est moi, je suis grosse et je ne fais rien pour que ça change, tu as raison de me le rappeler, blablabla". Mais j'ai ravalé mes mots, après-tout j'étais déjà assez vexée comme ça pour en ajouter une couche moi-même.

Je lui ai juste répondu que ce n'était pas grave, avec enthousiasme que je ne l'avais pas pris mal (c'est fou comme on peut mentir pour ne pas avoir à se sentir trop conne !).

 

Mais au fond de moi, j'étais profondément blessée, vexée, humiliée, j'ai passé ma dernière heure de la journée de boulot à me sentir mal, envie de me cacher.

 

Si tu as vu le film Forest Gump, tu comprendras avec aisance le type de bombe qui m'est tombée dessus lors de ladite phrase (aussi appelée "La phrase qui tue"). Une bombe explosée en pleine poire. Je te confirme, ça pique un peu.

 

{Si tu n'as pas vu ce film qui est un peu culte quand même, tu as un peu raté ta vie, c'est d'une tristesse... mais j'ai une bonne nouvelle pour toi : cela se soigne ! Je te prescris donc soit la bande-annonce en vidéo ici, soit dans le cas où tu es au travail et tu ne peux pas la regarder (sais-tu que c'est mal de lire des blogs au travail ?) (je te pardonne, je fais la même chose), voici le résumé de l'histoire en tout écrit, ici.}

 

Le Minus étant chez sa Mamie pour la soirée, j'avais prévu de ranger TOUS mes cartons, ras-le-bol de vivre dans un logement qui ressemble à une décharge. Sauf que, vu dans l'état psychologique où j'étais, j'ai réussi à faire 4 cartons, puis je n'avais plus de force tant physique que mentale pour continuer (un jour je commencerai ma cure de vitamines) (je l'ai déjà dit 5 fois depuis le début de l'année, c'est vrai) (mais je compte vraiment m'y mettre, me reste plus qu'à trouver le traitement qui me convient), j'avais juste envie de me poser dans le canapé, assise en boule avec un coussin contre moi, scotchant sur Mentalist et pleurer à chaudes larmes pour lâcher les nerfs (je n'ai pas vidé tout mon sac de larmes, j'en ai gardé un peu pour ce soir devant Desperate) (pas folle la guêpe).

 

J'ai broyé du noir quelques minutes, puis j'ai décidé de me reprendre en main, de ne pas me laisser achever par de telles pensées, par de telles bombes lancées par des gens innocents de leurs propos (ou pas), j'ai décidé de me mettre en mode zen-attitude, d'arrêter de me prendre la tête pour rien et surtout pas pour mon corps qui me fait un peu complexer, je me suis boostée en me disant que si j'étais comme ça c'est que je ne faisais rien non plus pour que cela aille mieux, qu'au-delà de l'aspect physique ma santé était aussi engagée. Que cela ne sert à rien de pleurer parce que tu te sens grosse et moche, on pleure quand on est triste, quand on a mal, mais quand on est grosse ça sert à quoi ? Ca soulage tes nerfs pour quelques minutes et puis quoi ? T'as maigri après ? Bah non. Et pour maigrir afin de te sentir mieux, et bien il faut agir, ne pas rester les bras croisés et surtout se motiver pour ne pas se ruer sur le pot de rillettes ou la tablette de chocolat qui te fait si envie mais qui n'arrangera rien à ton état à part stabiliser ton surpoids voire t'en faire prendre plus encore. J'ai désormais peur des conséquences que peut être le facteur gras que je porte en moi, peur de partir plus vite et de ne pas avoir assez profiter de mon enfant et de la vie à cause d'un mode de vie alimentaire totalement négligé.

 

Cette bonne mayo qui traine dans mon frigo, cette pizza achetée "au cas où" je recevrai quelqu'un mais en fait, ce quelqu'un n'en profite jamais car je suis tentée avant sa venue... Ca va être dur, j'aime tellement la bouffe, la bonne comme la mauvaise à dire vrai. Mais il est temps que je me ressaisisse car cette claque dans la tronche ne m'a pas du tout plu.

Je ne suis pas le genre de fille qui se dit qu'elle est grosse rien que pour attirer l'attention sur elle et qu'on lui réponde "mais non, t'es pas groooosse...". Si je dis que je suis grosse, c'est la vérité, 1.60 m pour 85 kg (oui j'ose le dire aujourd'hui, j'ai longuement hésité mais après-tout quitte à ouvrir mon coeur sur ces écrits, autant me livrer complètement), c'est plus qu'un poids normal, c'est la limite de l'obésité.

 

Puis j'ai décidé aussi que désormais, tous mes tracas, mes coups de gueule etc, je ne les écrirai plus que sur ce blog (si cela t'emmerde, il est encore temps de partir). J'ai l'impression de passer mon temps à râler que-ma-vie-elle-est-nulle-et-chiante-et-que-je-suis-grosse-et-bouhouhou auprès de mes proches, de mes amis et des autres, et je ne veux pas être ce genre de personnes parce que moi-même je ne supporte pas que l'on se morfonde bêtement sur des choses que si on veut, il est fort possible de les régler. Je suis la première à dire qu'il ne serre à rien de s'apitoyer sur son sort, qu'il faut regarder autour de soi avant de crier. J'en ai des raisons et des bonnes, de ne plus vouloir m'apitoyer sur mon sort, le handicap de mon frère, les problèmes de santé de ma mère (qui m'écoute sur tout ce que je raconte, m'apporte conseil, mais ne se débarasse jamais elle de ses problèmes (petits ou gros du quotidien) auprès de moi ou des autres, cette personne qui m'apporte tant et dont je me demande si NOUS, on fait quelque chose pour elle ?). Cela me rend malade d'avoir une telle vision de moi à savoir égoïste, je pense pourtant être une personne attentive aux autres, qui fait preuve d'empathie, mais parfois je me vois comme un monstre qui ne pense qu'à lui.

 

Bref, j'ai complétement divagué... 

Tout ça pour dire que hier, je me suis gentillement faite traiter de grosse.

(et je regrette déjà la viennoiserie ingurgitée avec bonheur hier...)

Rédigé par Kikekoidonc

Publié dans #Racontage de vie de moi-même

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Ellie 03/10/2012 21:16

Courage! :)

lili 03/10/2012 13:14

ben alors ma poulette... je suis là si t'as besoin, si tu le sais pas, je suis au régime, je faisais 86kg pour 1m60 juste apres mona ccouchement. A ce matin, j'en suis à 71kg7. Alors comme je l'ai
dit à mere pas parfaite, si tu veux, on le fait ensemble ce putain de regime pour se motiver!!! allez fais moi un sourire, bisous

Kikekoidonc 09/10/2012 11:18



Merci pour ton message ça fait plaisir d'être soutenue ainsi et ta perte de poids motive !!!


==> sourire : )