Bonjour Jean-Pierre, Au revoir Jean-Pierre

Publié le 17 Octobre 2012

Hier soir, en rentrant chez moi après une délicieuse crêpe-party chez ma Maman (promis je régime demain) (note à moi-même : ne plus faire de promesses en l'air), je suis passée à la station essence juste à côté de la maison parentale afin de faire le plein (Bernadette (c'est ma voiture) menaçait de se suicider d'un kilomètre à l'autre si je ne l'abreuvais point).

 

Figure-toi que je suis myope-astigmate, et que je n'avais pas mes lunettes sur le bout de mon nez (je les ai retrouvé un peu plus tard dans la soirée sur ma machine à laver dans le cellier, je n'ai toujours pas la réponse à cette question : mais comment sont-elles arrivées là ?). Une partie de la station était éclairée (celle où tu passes 24/24, avec la carte bancaire donc), l'autre non.

 

Il n'y avait qu'une seule voiture au beau milieu de la partie éclairée, la partie de gauche étant bloquée par des plots, celle de droite libre mais un peu moins éclairée bizarrement, donc sans mes lunettes, ne voyant pas les inscriptions indiquant si cette partie était 24/24, j'ai préféré attendre derrière la voiture déjà en place.

 

C'était un homme, une quarantaine d'année, il venait apparemment d'arriver car j'ai eu l'impression qu'il mis dix plombes à abreuver son véhicule. Bref. Cela commençait à m'agacer (quand je suis fatiguée ma patiente n'a aucune limite) mais je ne disais rien ni ne faisait rien qui puisse lui mettre un petit coup de pression afin qu'il se dépêche (mais dégage bordel de merde !!!).

 

Sache que ce soir là, il faisait déjà nuit (oui c'est la période, paraît-il), j'étais seule, en jupe, et je suis une fille. Ma Maman n'était pas trop enchantée que je décide à 20 h 30 d'aller à la station essence et que quand même, j'aurais pu y aller avant de venir manger ! Mais je ne voulais pas perdre de temps à cela, Mère, j'avais trop hâte de profiter de vous et de Minus (qui dort chez sa Mamie le mardi soir, remember) après cette longue et fatiguante journée de boulot que fut la mienne.

 

J'attendais donc (seule et en jupe) derrière ce véhicule que vienne enfin mon tour. Lorsque que l'homme a commencé à s'agiter, regarder plusieurs fois vers moi, prendre le temps par contre de regarder son ticket de caisse avant de remonter dans sa voiture (mais putain tu peux pas le regarder après t'être garé plus loin ?!!). Puis il s'avança vers ma fenêtre...

 

Bernadette était verrouillée, je ne risquais donc presque rien, il a commencé à articuler quelques mots que je n'entendais pas, j'ai alors ouvert ma fenêtre de 3 centimètre (on ne sait jamais, peut-être m'aurait-il attrapé par les cheveux, on peut tout imaginer de nos jours, tu sais) (enfin je lui souhaitais quand même bon courage pour sortir 85 kg par la fenêtre en tirant par les cheveux !).

 

Il m'a donc dit qu'il était surpris de me voir attendre derrière lui tout ce temps alors que l'autre caisse était libre et que du coup, il s'était senti menacé.

Je me suis sentie obligée de me justifier que les loupes n'étaient pas sur mon nez et que je n'étais donc pas certaine que la station d'à côté était bien 24/24. Que j'étais désolée de lui avoir fait peur ainsi et que je lui souhaitais une bonne soirée, blablabla.

 

L'homme remonta dans sa voiture, la démarra et s'avança un peu plus loin, juste ce qu'il me fallait pour avancer à mon tour afin de me positionner devant le distributeur d'essence.

Je suis descendue, ai commencé à mettre en route mon plein. Mais ce type ne partais pas, je trouvais cela vraiment bizarre parce que puisqu'il avait déjà regardé son ticket pendant que MOI, j'attendais mon tour, je ne voyais pas ce qu'il avait à faire de plus.

 

C'est alors que je le vis descendre de son véhicule et s'approcher du mien.

Pas besoin de te faire un dessin pour comprendre que franchement, c'était un peu panique à bord, j'ai peut-être bien failli mouiller ma culotte (mais pas pour des raisons excitantes, hélas). Ouf, une autre voiture se gare à côté de moi ! Je me sens moins seule, mais je ne suis pas rassurée pour autant.

 

C'est alors que l'homme venu s'excuser auprès de moi en ajoutant qu'il se sentait ridicule d'avoir eu peur (il a du regarder trop de films avec des méchants ayant des battes de base-ball dans leur coffre) (ce qui n'est pas impossible dans notre monde actuel, tu me diras), d'avoir craché par terre pour faire son rebelle (???), bref il était tout confus. Il me demanda mon prénom. Dommage, je ne donne pas mon prénom à des inconnus. Il me donna donc le sien, Jean-Pierre (nom d'emprunt), tout en me tendant un papier blanc que je pris directement par réflexe en ajoutant qu'il ne croyait pas au hasard, que la vie était parfois bien faite (même à 21 heures...) puisque la preuve, il venait de me rencontrer et que mon visage (et ma jupe aussi peut-être Jean-Pierre ?) égaierait sa soirée, alors bon sait-on jamais (si si moi je sais Jean-Pierre, je sais).

 

Bon bon bon... Merci pour tous ces compliments, cela fait bien plaisir mais je ne comprends pas, je me sens énormément mal à l'aise (je ne sais pas ce qui était le pire, recevoir autant de compliments en moins d'une minute dans une station service (l'endroit glamour par excellence, of course) ou qu'il ne déguerpisse pas vite fait bien fait.

 

Nous nous sommes salués, j'ai fini vite fait, bien fait de remplir mon réservoir et je pu ensuite remonter dans ma voiture. Ni une, ni deux, Bernadette vu ses portières verrouillées. Il est parti devant moi, j'ai attendu un peu avant de démarrer, j'ai roulé doucement en vérifiant qu'il ne soit pas à un coin de la rue à m'attendre pour me suivre (paranoïa, quand tu me tiens) et je suis rentrée chez moi. Toute la route j'ai passé mon temps à vérifier s'il n'était pas derrière moi, un peu plus loin comme pour que je ne m'aperçoive pas qu'il continuait à me suivre... mais non, il n'en fut rien. Et tant mieux. Les battements de mon coeur furent intenses jusqu'à ce que j'ai fermé ma porte d'appart à clé (quand bien même l'immeuble est sécurisé hein, mais on ne sait jamais, des fois que Jean-Pierre serait un X-Men et qu'il passerait entre les murs...).

 

Tu veux savoir ce qui était écrit sur le papier de Jean-Pierre n'est-ce pas... J'éclate tes yeux avec grand mon billet, cela te fait languir et j'aime ça.

Oui, je suis une vieille sa...dique.

 

J'ai donc ouvert le petit papier blanc (à vrai dire c'était une feuille blanche A4, je me suis donc demandé quel genre d'individu avait en permanence dans sa voiture un bloc de feuilles blanches A4 avec le crayon qui va bien ?).

Il était inscrit : "Merci pour ce si beau sourire, vous êtes ce soir mon soleil", avec un beau et gros soleil en dessin, son prénom et son numéro de téléphone en bas de la feuille.

On me l'avait jamais faite celle-la...

 

Mais bon, merci mais non merci Jean-Pierre, ça va pas être possible.

Rédigé par Kikekoidonc

Publié dans #Racontage de vie de moi-même

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